On installe Home Assistant, on branche une trentaine d’appareils, et deux semaines plus tard on se retrouve avec un tableau de bord fourre-tout : trois écrans de long, des entités techniques qui n’ont rien à faire là, et personne à la maison qui l’utilise vraiment. Le problème n’est presque jamais l’outil. C’est qu’on a rempli l’interface au fil de l’eau au lieu de la penser pour les gens qui vont s’en servir.

Un bon tableau de bord ne cherche pas à tout montrer. Il répond à des questions concrètes — « est-ce que le garage est fermé ? », « quelle température dans la chambre du petit ? » — et il rend les gestes fréquents accessibles en un coup d’œil, sans réfléchir.

Le vrai critère : qui regarde, et pour faire quoi

Avant de toucher à la moindre carte, il faut trancher une question : ce tableau de bord, il est pour qui, et sur quel écran ? La réponse change tout.

Pour vous, l’administrateur, sur ordinateur, vous pouvez vous permettre une vue dense avec les entités techniques, les logs, l’état du Zigbee. Pour le reste du foyer, sur téléphone ou sur une tablette fixée au mur dans l’entrée, il faut l’inverse : peu de cartes, de gros boutons, aucun jargon. La même installation mérite donc au moins deux vues distinctes, pas une seule qui essaie de contenter tout le monde.

Les approches possibles

Home Assistant propose plusieurs façons de construire l’interface, et le choix se fait selon votre appétence pour le bricolage.

La vue « sections » (celle par défaut depuis 2024) est la plus raisonnable pour commencer : on glisse-dépose des cartes, la disposition s’adapte automatiquement à la largeur de l’écran, et le rendu reste propre sur mobile comme sur tablette. Pour 90 % des besoins, elle suffit.

En dessous, il y a les cartes YAML classiques (entities, glance, thermostat) : plus verbeuses à écrire, mais lisibles et stables. Au-dessus, les cartes custom via HACS — mushroom pour des boutons épurés, auto-entities pour lister dynamiquement, apexcharts-card pour de vrais graphiques. C’est puissant, mais chaque carte custom est une dépendance de plus à maintenir à jour. Tranchons clairement : commencez sans HACS, et n’ajoutez une carte custom que quand une vraie limite vous bloque.

Ce que je retiens

Si vous débutez, faites tout en vue « sections » avec les cartes natives, une vue par pièce ou par usage, et une vue « maison » qui ne garde que l’essentiel. Ajoutez Mushroom seulement si l’esthétique des boutons vous gêne au quotidien. Ce n’est pas la richesse du tableau de bord qui fait qu’il est utilisé, c’est sa sobriété.

Mise en œuvre, étape par étape

Commencez par lister sur papier les cinq à huit informations ou actions que votre foyer utilise vraiment : allumer le salon, voir si une porte est ouverte, lancer l’aspirateur, la météo, les températures. Tout le reste peut vivre dans une vue « avancée » séparée.

Créez ensuite une vue par pièce (Salon, Chambre, Extérieur) et une vue « Accueil » qui agrège les cartes clés. Dans chaque carte, renommez les entités avec des libellés humains : « Lampe salon » plutôt que light.tuya_0x84fd.... Home Assistant permet de surcharger le nom affiché sans toucher à l’entité.

Enfin, pensez à l’écran de consultation. Un tableau de bord sur téléphone est pratique mais on ne le sort pas pour éteindre une lampe. Une tablette bon marché fixée au mur, réglée pour ne jamais s’éteindre et afficher en permanence la vue « Accueil », change complètement l’usage : la domotique devient un objet du quotidien, pas une appli de plus.

Les erreurs fréquentes

La première, c’est la vue unique qui grossit sans fin : symptôme, vous scrollez pour trouver l’interrupteur du salon. Découpez.

La deuxième, c’est afficher des entités de diagnostic (niveau de batterie, LQI Zigbee, adresse IP) sur la vue principale : elles ont leur place dans une vue technique, pas sous les yeux de la famille.

La troisième, c’est la tablette murale qui se met en veille ou déconnecte le Wi-Fi la nuit : on arrive devant un écran noir et l’effet « maison qui répond » tombe à plat. Il faut désactiver la veille, garder l’écran allumé, et idéalement le réveiller à l’approche plutôt que de le laisser éclairer le couloir toute la nuit.

Matériel recommandé

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