Le Raspberry Pi a longtemps été la machine par défaut pour héberger Home Assistant. Il reste un bon choix pour débuter, mais dès que l’installation grossit — quelques dizaines d’appareils, une base de données qui s’allonge, un enregistrement de flux vidéo — la carte SD devient le point faible de toute la maison.

Un mini-PC x86 de récupération (Lenovo ThinkCentre Tiny, Dell OptiPlex Micro, HP EliteDesk Mini… on en trouve entre 60 et 120 € reconditionnés) coûte souvent moins cher qu’un Pi neuf accompagné de son alimentation et de son SSD, et règle le problème d’un coup.

Pourquoi un mini-PC plutôt qu’un Raspberry Pi

Critère Raspberry Pi 5 Mini-PC d’occasion
Stockage carte SD ou SSD via adaptateur SSD NVMe ou SATA d’origine
Consommation 3 à 7 W 6 à 12 W
Extension limitée RAM et disque remplaçables
Virtualisation inconfortable confortable

La différence de consommation existe, mais elle se chiffre en quelques euros par an. La fiabilité du stockage, elle, se chiffre en week-ends perdus à réinstaller.

Ce qu’il faut vérifier avant d’acheter

  • Un port Ethernet. Le Wi-Fi pour un contrôleur domotique est une fausse bonne idée : le jour où le point d’accès redémarre, plus rien ne répond.
  • Au moins 8 Go de RAM. Home Assistant seul s’en sort avec 4 Go, mais on finit toujours par ajouter un broker MQTT, un serveur de sauvegarde, un reverse proxy.
  • Deux ports USB libres, l’un pour le coordinateur Zigbee, l’autre pour un éventuel dongle Z-Wave. Les deux se supportent mal côte à côte : prévoir une rallonge pour les éloigner.
  • Le réveil après coupure de courant. L’option s’appelle généralement Restore on AC Power Loss dans le BIOS. Sans elle, la maison reste éteinte tant que personne n’appuie sur le bouton.

L’installation, étape par étape

  1. Préparer la clé USB. Récupérer l’image générique x86-64 de Home Assistant OS sur le site officiel et l’écrire sur une clé avec Balena Etcher ou Rufus.
  2. Régler le BIOS. Désactiver le Secure Boot, activer le démarrage sur USB, et surtout activer le redémarrage automatique après coupure.
  3. Démarrer sur la clé et laisser l’installeur copier HAOS sur le disque interne. La première initialisation prend une dizaine de minutes et n’affiche pas grand-chose. C’est normal.
  4. Rejoindre l’interface sur http://homeassistant.local:8123, créer le compte administrateur, puis renseigner la position du logement — elle sert au calcul du lever et du coucher du soleil, dont dépendront la moitié des automatisations.

Fixer l’adresse IP tout de suite

C’est l’étape que tout le monde saute et que tout le monde regrette. Le contrôleur doit avoir une adresse stable, sinon les intégrations qui pointent vers lui par IP cassent au premier renouvellement de bail DHCP.

Le plus propre est de réserver l’adresse côté box ou routeur, en associant l’adresse MAC de la machine à une IP fixe hors de la plage DHCP dynamique.

Les sauvegardes, dès le premier jour

Une installation domotique représente vite plusieurs dizaines d’heures de réglages. La sauvegarde intégrée de Home Assistant fonctionne bien, à une condition : que la copie ne reste pas sur la machine sauvegardée.

Le minimum acceptable :

  • une sauvegarde automatique quotidienne ;
  • une copie envoyée vers un NAS ou un stockage distant ;
  • une restauration testée une fois, pour de vrai, avant d’en avoir besoin.

Le sujet mérite un article à lui seul : voir la règle 3-2-1 appliquée à Home Assistant.

Ce qui reste à faire ensuite

Une fois la base posée, les vraies questions arrivent : quel coordinateur Zigbee choisir, faut-il isoler les objets connectés sur un réseau séparé, et comment accéder à son installation depuis l’extérieur sans l’exposer bêtement. Ce sont les sujets des articles suivants.